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Seules des politiques favorisant une croissance économique vigoureuse et durable peuvent secourir le huard faible, affirment les économistes de TD
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TORONTO, le 24 avril /CNW/ - Des politiques qui favorisent une croissance
économique vigoureuse et durable peuvent mettre fin aux difficultés du dollar
canadien, déclarent les économistes de TD dans leur plus récent rapport
intitulé The Penny Drops. "Ce n'est pas la faiblesse du dollar qui mine à la
base l'économie canadienne, affirme Don Drummond, premier vice-président et
économiste en chef du Groupe Financier Banque TD. Elle est plutôt la
conséquence d'un ensemble de conditions économiques qui, aux yeux des
investisseurs, font pâlir le Canada par rapport aux Etats-Unis."
Les Canadiens doivent s'intéresser au remède, pas au symptôme
Drummond, suggère que les Canadiens cessent de s'intéresser au symptôme
qu'est la faiblesse du dollar canadien et s'empressent d'y trouver un remède,
c'est-à-dire des politiques qui stimulent la croissance économique. A ceux qui
accusent la Banque du Canada d'exercer "une politique de dollar faible", M.
Drummond rétorque qu'actuellement la banque centrale du Canada pratique plutôt
une "politique de dollar fort" par le ciblage et le maintien d'un taux
d'inflation bas. Le gouvernement fédéral et les provinces ont amélioré leurs
politiques fiscales ces dernières années en éliminant leurs déficits
budgétaires, en commençant à rembourser la dette publique et en diminuant les
taux d'imposition. Toutefois, ces efforts doivent être intensifiés pour
arriver à concurrencer les Etats-Unis sur un pied d'égalité.
Pourquoi le dollar canadien est-il si faible?
Aucun facteur n'explique à lui seul la faiblesse de la devise canadienne,
qui tient à plusieurs éléments, y compris les suivants :
- une croissance de la productivité plus lente au Canada qu'aux
Etats-Unis, surtout depuis le milieu des années 1990;
- une dette publique qui, malgré de récents progrès, reste plus
grosse et diminue moins rapidement qu'aux Etats-Unis;
- un fardeau fiscal qui incite moins au travail, à l'épargne et à
l'investissement;
- des tendances et des politiques de dépenses publiques qui devraient
s'éloigner de la consommation pour cibler davantage les
investissements et la croissance.
- jusqu'à tout récemment, des écarts de taux d'intérêt négatifs entre
le Canada et les Etats-Unis;
- une diminution des prix des produits de bases non-énergétiques.
Comment renforcer le dollar canadien?
Selon l'analyse réalisée par le service des études économiques de la
Banque TD, il n'y a pas de potion magique qui redonnerait du tonus au dollar
canadien. Le seul instrument que possède la Banque du Canada pour réhausser la
valeur du dollar canadien est celui des taux d'intérêt, qu'il faudrait
augmenter au-dessus de ceux des Etats-Unis. Cependant, dans les conditions
actuelles, les marchés pourraient interpréter une hausse semblable comme une
détérioration des perspectives de croissance économique du Canada. Les progrès
récents sur le plan fiscal ont fait en sorte que le Canada n'est au bord d'une
crise de confiance comme celles vécues au début et au milieu des années 90. Il
est donc peu probable que des déclarations ou des gestes de la part des
autorités fiscales puissent réhausser la valeur de la monnaie à court terme.
Le dollar canadien s'en trouverait plus affaibli que renforcé. Selon Don
Drummond, "le seul moyen sûr de renforcer le dollar canadien consiste à
inverser à notre avantage les causes de son affaiblissement. Pour cela, il
faut des politiques axées sur l'accélération de la croissance économique à
long terme du Canada. Bien qu'un renchérissement soudain et notable du dollar
canadien est improbable, certaines politiques seraient susceptibles de
revaloriser le huard avec le temps." Ces politiques consistent entre autres à:
- abaisser plus rapidement le fardeau de la dette publique;
- diminuer les taux d'impôt des particuliers et des sociétés;
- éliminer les taxes sur le capital;
- éliminer, tant au Canada qu'aux Etats-Unis, les retenues d'impôt
sur le revenu de placement sortant du Canada et y entrant;
- surveiller de près les dépenses publiques et les orienter vers des
placements qui stimulent la croissance plutôt que vers la
consommation;
- orienter le fardeau fiscal vers la consommation plutôt que vers
l'épargne et l'investissement.
Devrions-nous abandonner le régime de changes flottants?
Vu l'absence de solution instantanée, certains ont suggéré que le Canada
abandonne son régime de changes flottants, sinon carrément son dollar. S'il en
était ainsi, le huard ne pourrait plus servir à contrer les chocs économiques
internationaux qui se font sentir différemment sur l'économie canadienne et
sur l'économie américaine. Dans son analyse, le service des études économiques
de la Banque TD a envisagé quatre régimes de taux de change fixe qui se
distinguent les uns des autres par la marge de manoeuvre qu'ils laisseraient à
la Banque du Canada :
- l'arrimage du dollar canadien au dollar américain;
- la conclusion d'une union monétaire entre le Canada et les Etats-
Unis, et peut-être le Mexique et certains pays d'Amérique centrale
ou d'Amérique du Sud;
- la création d'une caisse d'émission, dans le cadre de laquelle le
taux de change est fixe et la banque centrale soutient la monnaie
d'arrimage en détenant des réserves en devises selon un ratio fixe.
- la dollarisation, qui consiste pour le Canada à utiliser le dollar
américain sans accord officiel sur le plan des politiques.
Selon les conclusions de l'étude, les deux premières options sont à
écarter pour les raisons suivantes :
- l'arrimage du dollar canadien au dollar américain n'aurait pas pour
effet d'inverser la constante pression à la baisse exercée sur le
taux de change du dollar canadien, mais plutôt d'entraîner presque
assurément un rajustement du dollar canadien;
- étant donné qu'ils représentent plus de 80 % de l'économie de
l'Amérique du Nord, les Etats-Unis ne voudront jamais céder le
contrôle de leur politique monétaire ni le partager avec leurs
voisins, ce qui exclut le scénario d'union monétaire.
La dollarisation serait donc la seule option viable à long terme (une
caisse d'émission possède nombre des mêmes caractéristiques, mais comporte
plus de risque), mais elle obligerait le Canada à céder entièrement aux Etats-
Unis le contrôle de sa politique monétaire et de ses taux d'intérêt. Cette
option comporte des questions difficiles à régler, comme celle de
l'établissement du taux de change approprié entre le dollar canadien et la
devise américaine. Si le taux était fixé au niveau actuel, la détérioration du
niveau de vie déjà entraînée par la dépréciation du dollar canadien se ferait
sentir immédiatement. Sans amélioration de notre compétitivité, un taux de
conversion beaucoup plus élevé mènerait à une perte de revenus soudaine et
marquée pour les sociétés exportatrices. Ironiquement, la dollarisation serait
une solution plus réaliste si le dollar canadien était plus fort.
Nous verrons peut-être le jour où la convergence des structures
économiques du Canada et des Etats-Unis fera en sorte qu'il y aura peu
d'avantages à préserver le taux de change flottant. Si tel est le cas, il
faudra songer très sérieusement à la dollarisation. Toutefois, nous en sommes
au moins à une ou deux décennies d'une telle éventualité. Entretemps, la seule
façon de mettre fin aux malheurs du dollar canadien est de raffermir les
perspectives de croissance économique du pays.
Le rapport intitulé The Penny Drops est disponible en format PDF (en
anglais, avec un sommaire dans les deux langues) sur le site Internet du
service des études économiques de la Banque TD à l'adresse
www.td.com/economics.
CNW 13:05e 24-APR-01
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