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  COMMUNIQUÉS > Informatique - Électronique > 2000 > 11
 CAE - Discours de M. D. H. Burney, Président et chef de la direction
MONTREAL, le 20 nov. /CNW/ -
	
	                         Cercle canadien de Montréal
	
	                    "CAE : la simulation et plus encore"
	
	                              Montréal, Québec
	                          Le lundi 20 novembre 2000
	
	    ---------------------------------------------------------------------
	
	                         Discours de M. D. H. Burney
	                      Président et chef de la direction
	                                     CAE
	
	            (LA VERSION PRONONCEE DE VIVE VOIX SERT DE REFERENCE)
	
	
	
	    Je vous remercie, monsieur le président, pour cette invitation ici,
aujourd'hui. Je tiens d'abord à féliciter le Cercle canadien de Montréal pour
le sérieux qu'il apporte aux questions et événements d'importance dans cette
ville remarquable et dans notre pays.
	    J'ai eu la chance de vivre à Montréal pendant plus de six ans. Et je suis
heureux d'y revenir souvent, chaque fois que mes fonctions me le permettent.
	    C'est un plaisir pour moi de me retrouver à la table d'honneur avec
plusieurs de mes anciens confrères de Montréal. Ils sont certainement
familiers avec mon accent particulier de Thunder Bay.
	    Lorsque vous pensez à CAE, s'il vous arrive de penser à CAE, vous songez
sans doute à une entreprise oeuvrant dans le domaine de la simulation de
vol...peu importe ce que c'est. Et vous avez plus ou moins raison.
Aujourd'hui, je veux vous expliquer plus en détail la nature de nos activités
ainsi que nos projets d'avenir. Il s'agit d'un message publicitaire, mais
j'espère que vous comprendrez mieux certaines des choses excitantes qui se
produisent chez CAE, ici même à Montréal, et comment elles s'imbriquent dans
les défis de la nouvelle économie du savoir.
	    Etant donné que nous sommes en ce moment au coeur d'une campagne
électorale, je vous réserve un ou deux commentaires politiques pour la fin.
	    Je peux vous parler de CAE notamment parce que cela fait partie de mon
travail, mais également parce que je soupçonne que CAE est une entreprise
quelque peu méconnue ici même à Montréal où nous exerçons pourtant les deux
tiers de l'ensemble de nos opérations.
	    En premier lieu, un rappel historique. CAE a vu le jour il y a 53 ans,
avec 18 employés, dans un hangar vacant de l'aéroport de Saint-Hubert.
Aujourd'hui, nous avons au total quelque 6 000 employés, dont plus de 4 000
ici même à Montréal.
	    A l'origine, l'entreprise travaillait sur les systèmes radio et radar,
principalement pour l'aviation canadienne. CAE est l'acronyme de Canadian
Aviation Electronics. On n'a conservé que les initiales sans doute parce que
l'entreprise s'était lancée dans des domaines débordant celui de l'aviation,
comme par exemple les téléviseurs, les coeurs artificiels et même, à un
certain moment, les robots décapeurs de peinture.
	    CAE se lançait dans la simulation en 1952, grâce à l'obtention d'un
contrat de développement d'un simulateur pour le CF-100 des Forces aériennes.
Huit ans plus tard, décrochait un important contrat de fabrication de six
simulateurs pour le Starfighter F-104.
	    Celui-ci, comme nous l'apprend l'histoire, remplaça l'infortuné Avro
Arrow. D'une certaine façon, on peut dire que le malheur du Arrow a fait le
bonheur de CAE. L'entreprise a produit des simulateurs non seulement pour les
Starfighter canadiens mais également pour plusieurs alliés européens membres
de l'OTAN, ce qui explique entre autres la raison pour laquelle nous
maintenons une filiale et des opérations de fabrication en Allemagne.
	    CAE a connu avec ses simulateurs autant de succès auprès des compagnies
aériennes et, au milieu des années 1980, détenait une part importante du
marché mondial.
	    Plus récemment, nous avons obtenu plus de 80 % du marché mondial de la
vente de simulateurs aux compagnies aériennes. Réfléchissez-y un instant. Cela
signifie que nous dominons le marché mondial. En fait, nous demeurons une des
rares entreprises canadiennes de haute technologie occupant la position de
chef de file mondial dans notre domaine.
	    Vous voyez que que le message publicitaire n'a pas tardé à venir!
	    Plongeons maintenant en plein mystère. Attachez votre ceinture,
n'utilisez pas votre téléphone cellulaire ni aucun autre appareil électronique
et réjouissez-vous du fait que nos simulateurs n'ont jamais perdu de bagages!
Et notre ponctualité demeure inégalée, ce qui est certes une qualité dont ne
peuvent toujours se targuer les compagnies aériennes de nos jours!
	    Plus sérieusement, nos simulateurs de vol sont si évolués et tellement
réalistes quant à la peformance, la fidélité et l'adaptabilité que les pilotes
eux-mêmes oublient parfois qu'il s'agit effectivement d'une simulation et en
sortent couverts de sueur.
	    Cette technologie fait l'effet de tours de magie qui transforment la
simulation en réalité virtuelle. Le système de mouvement, mis au point par un
de nos ingénieurs ici même à Montréal, vous donne réellement l'impression que
vous effectuez un virage incliné ou que vous roulez sur une piste. Vous sentez
même les petits coups lorsque les pneus de l'avion passent sur les fissures
dans le béton - surtout en hiver - peu importe l'endroit au Canada.
	    Notre système de visualisation - l'image projetée dans le poste de
pilotage - vous transporte dans les nuages ou dans un orage ou vous fait
atterrir sur une piste d'à peu près n'importe quel aéroport dans le monde.
	    La fabrication de ces simulateurs - comprenant les systèmes de mouvement
et de visualisation - prend du temps - entre 14 et 16 mois. Chacun d'eux coûte
environ 12 millions de dollars américains. Nous n'en fabriquons donc pas
encore pour votre salle familiale.
	    Derrière la simulation se cachent les logiciels - des millions de lignes
de codes développées par certains des plus brillants esprits (hommes et
femmes) au monde. (Certains d'entre elles et eux occupent d'ailleurs deux
tables à l'avant! j'ai amené mon propre fan club.)
	    Des logiciels similaires régissent également les systèmes de commande que
nous développons pour les navires et les techniques d'optimisation de nos
entreprises en foresterie. Dans l'un ou l'autre cas, l'objectif demeure le
même : produire non seulement une réalité virtuelle mais augmenter
l'efficacité et la valeur pour l'utilisateur.
	    La simulation à des fins militaires constitue la fine pointe
technologique du matériel de simulation et de commande. C'est une chose que
d'apprendre à voler. C'en est une autre que d'apprendre à voler avec d'autres
dans des environnements différents et souvents hostiles. C'est une des raisons
qui expliquent le fait que la technologie pour ce type de simulation est plus
exigente.
	    De nos jours, le nerf de la guerre en simulation militaire est la mise en
réseau et l'interopérabilité - des technologies, bases visuelles et aides
visuelles complexes à la fine pointe du progrès permettant aux pilotes de
planifier et de pratiquer toute une gamme de missions tactiques. Nous oeuvrons
dans le domaine militaire car c'est là que règne la technologie haut de gamme
en simulation.
	    Nous sommes fiers d'être le plus important fournisseur de simulateurs de
vol commerciaux au monde, mais nous en sommes arrivés à la conclusion, au
cours de l'année, qu'être le chef de file des fabricants de simulateurs
n'était plus suffisant de nos jours. La bonne nouvelle : nous détenons 80 % du
marché. L'envers de la médaille : nous ne pouvons espérer en accaparer
beaucoup plus.
	    Si nous voulons survivre et nous développer dans ce segment unique de
marché, nous devons viser au-delà de la simulation et appliquer notre
expertise de base à des technologies et des services encore plus
perfectionnés.
	    Par dessus tout, nous avons décidé d'investir massivement mais
consciencieusement dans la formation des pilotes.
	    La raison était toute simple. Le marché potentiel de la formation des
pilotes représente en taille près de 20 fois celui des simulateurs et, bien
qu'actuellement, la formation soit surtout donnée à la source, c'est-à-dire
par les compagnies aériennes elles-mêmes, cette situation pourrait changer.
Quoi qu'il en soit, le demande en formation ne cesse d'augmenter, surtout sur
les marchés des avions à réaction d'affaires et de transport régional qui
connaissent d'ailleurs la plus forte croissance des ventes de l'industrie -
avec en tête notre cousin Canadien, Bombardier.
	    Nous croyons que notre entrée dans la formation des pilotes est un
prolongement naturel de notre expertise de base en fabrication de simulateurs
qui constituent, bien entendu, la pièce maîtresse de cette formation. Notre
réputation de qualité et de fiabilité n'est plus à faire dans l'industrie de
l'aviation commerciale. Nous en connaissons tous les joueurs et ceux-ci
connaissent tous CAE.
	    Nous avons donc mis sur pied une équipe spécialement affectée à la
planification, à la mise en place et à l'exploitation d'un réseau mondial de
centres de formation des pilotes. Nous en exploitons déjà un, ici même à
Montréal, avec Bombardier. De nouveaux centres sont en construction à Sao
Paulo, Toronto et Madrid et d'autres sont à venir. Au cours des 12 prochains
mois, nous espérons être en mesure d'établir cinq ou six autres centres. Ce
réseau mondial sera même un tremplin vers d'autres réalisations.
	    Il s'agit d'un marché qui offre des bonnes marges et des revenus
réguliers - une des principales raisons pour lesquelles Warren Buffet possède
une des plus importantes entreprises de formation au pilotage.
	
	    Pour appuyer notre entrée sur le marché de la formation des pilotes, nous
	    prendrons plusieurs initiatives pour développer :
	
	    - un simulateur de la prochaine génération ("UltraSim") conçu avant tout
	      pour les avions à réaction d'affaires et de transport régional.
	
	    - une puce informatique - qui nous permettra d'accroître à moindre coût
	      la vérisimilitude des systèmes de visualisation des simulateurs; et
	
	    - une large gamme de méthodes de formation basées sur le Web destinées en
	      premier lieu aux pilotes et aux équipes de maintenance.
	
	    Nous investissons et innovons dans chacune de ces initiatives afin de
renforcer notre participation à la formation des pilotes et de maintenir notre
position de chef de file dans notre technologie de base.
	    La division de la simulation militaire et des systèmes de commande
maritime de notre entreprise explore également diverses options de croissance
du côté des services de formation.
	    Plus tôt cette année, nous avons inauguré en Grande-Bretagne un centre de
formation d'avant-garde pour les hélicoptères qui, d'une part, permet à la RAF
de former ses pilotes d'hélicoptères et qui comprend un centre de contrôle
tactique où il est possible de simuler, par exemple, une mission de sauvetage
des forces du maintien de la paix de l'ONU au Kosovo faisant appel à
différents avions. Typiquement canadien me direz-vous et, en fait, nous
souhaitons que nos pilotes canadiens profitent de ces installations quand ils
obtiendront, ou devrais-je dire s'ils obtiennent, leurs nouveaux hélicoptères.
	    Nous avons également été choisis, avec notre partenaire Alenia Marconi,
pour construire en Grande-Bretagne un centre de formation destiné aux
équipages du nouveau sous-marin Astute de la Royal Navy.
	    Ces deux centres de formation en Grande-Bretagne, que possèdera et
exploitera CAE, serviront de vitrine sur le monde pour la technologie de
pointe développée au Canada. A l'intention de tous nos actionnaires dans la
salle, permettez-moi d'ajouter qu'ils généreront d'importants revenus et flux
de bénifices pour CAE.
	    Comme vous pouvez l'imaginer, même les simulateurs peuvent avoir des
problèmes. Quand se concentrent des millions de lignes de codes de logiciel
permettant de simuler toutes sortes de conditions de vol, le risque d'anomalie
est élevé. Hier encore, il fallait trouver les solutions dans des manuels
volumineux. Les manuels devenant de plus en plus gros, le temps de recherche
et, en bout de ligne, les dépenses, ne cessaient d'augmenter.
	    La connaissance est primordiale, mais le dépannage n'est efficace que
s'il est rapide et complet. Un de nos jeunes ingénieurs nous a proposé un
"livre noir virtuel" facilitant la gestion du dépannage des simulateurs,
augmentant l'efficacité et la productivité pour nos clients.
	    Ce livre noir virtuel fournit l'information juste-à-temps au lieu de
l'information juste-au-cas. Il est entièrement intégré à l'environnement du
simulateur, compatible au Web et est offert en deux versions : PC et eBook.
Nous l'appelons "l'étape 1".
	    La version PC comprend un moteur de recherche intégré, permet la
simulation en direct et offre un accès rapide aux données.
	    La version eBook est portative (ne pèse que 600 grammes), offre un accès
rapide aux données et couvre jusqu'à 40 000 pages d'information, soit
l'équivalent de 200 manuels.
	    C'est ce que bon nombre d'acheteurs de nos simulateurs utilisent
aujourd'hui.
	    Non, CAE n'a pas vraiment aidé Tom Hanks et son équipage à revenir sains
et saufs sur terre mais je crois que vous saisissez l'idée.
	    Nous cherchons maintenant de nouvelles façons de transmettre la
connaissance, passant des méthodes traditionnelles en classe à des méthodes
interactives, personnalisées et plus pratiques. Nous nous concentrerons en
premier lieu sur les pilotes et le personnel de maintenance en nous servant de
la technologie de la simulation pour l'apprentissage et du Web pour la
distribution.
	    Ce qui signifie que les pilotes pourront préparer leurs plans de vol
personnels et, à l'aide de leur PC, où qu'ils se trouvent, pourront les
simuler avec différents paramètres météorologiques et opérationnels. Les
préposés à la maintenance pourront simuler et réparer des anomalies sur
pratiquement tous les modèles d'avion, à l'heure et l'endroit qui leur
conviennent, seuls ou en groupe.
	    Nous savons que nous sommes en mesure de relever ce défi au sein de
l'industrie. Nous avons une équipe ici à Montréal qui s'y consacre et nous
croyons être capables d'offrir de la formation sur le Web pour d'autres
applications.
	    Comme vous le savez, Internet est le catalyseur de l'économie du savoir.
Il transforme à peu près tous les aspects de nos entreprises, qu'il s'agisse
de trouver des fournisseurs, de coordonner des programmes ou de gérer les
données sur nos clients. Ses répercussions sont importantes, comme peut l'être
son incidence sur la productivité. Ceux qui ne joignent pas la vague peuvent
également en subir de graves conséquences. Peut-être s'agit-il d'une des
principales raisons pour lesquelles l'espérance de vie des chefs de la
direction est de plus en plus courte - mais il s'agit-là d'un sujet que nous
aborderons une autre fois.
	    Les Américains semblent le plus profiter de la vague Internet. Son
incidence sur la bourse est singulièrement volatile mais Internet a eu des
répercussions très positives sur la productivité aux Etats-Unis - à tel point
qu'ils ont presque décidé de se passer d'un président! Enfin, certaines
technologies ont des limites.
	    Au Canada - pas seulement chez CAE - nous ne pouvons nous permettre
d'être à la traîne. Nous ne pouvons nier le fait que nous devons améliorer
sérieusement notre productivité à cause de la lente érosion de notre devise.
Et ce ne sont pas les complaintes de désespoir contre les prétendus dangers de
la mondialisation qui nous aideront.
	    Nous devons tirer parti de la technologie et de la capacité de production
de l'économie du savoir.
	    Et c'est ce que CAE a l'intention de faire. Notre décision d'aller au-
delà de la simulation nous a permis d'accroître notre productivité - comme le
prouvent d'ailleurs nos plus récents résultats financiers. Elle favorisera de
nouveaux débouchés et une croissance à long terme. Elle favorisera en outre un
milieu de travail plus stimulant pour nos employés. Somme toute, nous
investissons massivement dans le développement de la technologie et des
logiciels liés à notre expertise de base.
	    Nous savons que notre succès repose sur la capacité de recruter et de
conserver du personnel qualifié qui nous aidera à atteindre nos objectifs. Un
tel talent est rare et très en demande.
	    Ce qui m'amène à ce bref message politique.
	    La concurrence dans la recherche du talent est féroce. Et c'est un
phénomène mondial, non pas national. Nous devons donc cultiver une
collaboration profitable entre les entreprises, les gouvernements et nos
institutions d'enseignement afin de demeurer concurrentiels.
	    Les gouvernements ont un rôle à jouer, si ce n'est une importante
responsabilité, pour s'assurer que nos écoles et nos institutions post-
secondaires jouissent des installations et du financement nécessaires à la
formation de diplômés dans nombre de domaines du secteur aérospatial. Cela
signifie, par exemple, plus d'efforts et de ressources consacrés à la
formation d'étudiants de qualité supérieure et en plus grand nombre en
sciences et en ingénierie.
	    En toute honnêteté, si Montréal veut conserver son titre de centre
d'excellence en aérospatiale, nous devons cesser d'en parler et agir.
	    Tout récemment, le conseil d'administration de CAE a doublé son
engagement envers l'éducation. Et les institutions post-secondaires du Québec
seront les premières à en profiter.
	    Comme Robert Lacroix le sait déjà, nous ferons une contribution d'un
million de dollars à l'Université de Montréal, aux H.E.C. et à l'Ecole
Polytechnique pour soutenir leur campagne de financement actuelle pour les
cinq prochaines années.
	    Ce don reflète la volonté de CAE de s'impliquer concrètement dans la
communauté de Montréal.
	    Merci.
	    Outre un effort soutenu en éducation, nous avons également besoin au
Canada d'un niveau de taxation qui nous permettra d'être concurrentiels vis-à-
vis les entreprises bénéficiant de niveaux semblables, notamment les
entreprises américaines. Si nous voulons conserver notre expertise, nous ne
pouvons nous contenter de mesures que d'autres ont déjà adoptées. En étant
plus petits, nous devons faire mieux. Si mes propos ont des saveurs
électorales, qu'à cela ne tienne. Ce n'est que la simple réalité.
	    A une époque où la connaissance prime sur le capital, la qualité et les
aptitudes de nos employés sont les ingrédients essentiels au succès de CAE.
Cela va de soi. Mais plus important encore, la qualité et les aptitudes de nos
employés sont indispensables à un avenir radieux pour le Canada. Cela aussi
fait partie de la réalité, cette réalité qu'aucun gouvernement ne peut
ignorer.
	    Merci.
	    %SEDAR: 00001596F Bc6265.msg              

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