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La retraite en un mot
Talbot Boggs
(Exclusif) - Un mot, tout seul, ça peut tout dire ou ne rien dire.
Dans ce cas-ci, tout dépend si vous êtes une personne proche ou déjà à la retraite ou un organisme financier qui se penche sur toutes les implications de la retraite.
Les journalistes, eux, sont à l'affût de tout changement d'attitude des Canadiens face à la retraite, et le signale abondamment dans leurs reportages.
On apprend ainsi que les gens s'organisent pour rester au travail plus longtemps, en réduisant par exemple la durée de leur semaine de travail, ou en combinant retraite et travail. En outre, on ne parle plus autant d'accumuler de l'argent pour ses vieux jours, mais de gérer son argent, même de prendre certains risques pour se constituer un revenu suffisant une fois atteint l'âge de la retraite.
Dans le passé, le mot retraite était à craindre. Ça pouvait être la voie de garage pour un train de vie qui allait s'arrêter pour toujours. Ou encore, retraite rimait dans les esprits avec vieillesse, maladie, ennui. Beaucoup de mots vraiment pour exprimer les mêmes sentiments.
Mais les choses ont commencé à changer, semble-t-il.
Une étude du Groupe Investors signalait récemment que les bébés-boomers canadiens ne semblaient plus craindre autant le mot retraite. En fait, 91 pour cent estimaient que le mot était bien choisi et 75 pour cent ne pouvaient penser à un autre mot pour le remplacer.
Les craintes sur la vieillesse et une qualité de vie diminuée s'estompent. Les Canadiens se sentent de plus en plus confortables en évoquant leur retraite, soutient Debbie Ammeter, vice-présidente Planification financière avancée chez Groupe Investors. Aujourd'hui, les choix et styles de vie qui se présentent à nous pour la retraite ne sont plus aussi limités qu'auparavant. >>
Une solide majorité de personnes qui sont déjà à la retraite ne s'offusquent plus d'être qualifiées de retraitées. Selon le sondage, 92 pour cent n'y voient aucun problème.
Cela dit, les Canadiens qui approchent l'âge de la retraite traditionnelle sont un peu plus frileux. Chez ceux qui sont âgés de 55 ans et plus, seulement 45 pour cent disent accepter sans problème leur éventuel qualificatif de retraité.
La définition du mot, qu'elle soit positive ou négative, dépend beaucoup de l'âge de la personne, ajoute Mme Ammeter. Les canadiens d'âge moyen ne font que commencer à penser à la retraite et ne comprennent pas encore ce que cela aura comme conséquences pour eux. C'est ce qui explique les craintes qu'on retrouve dans ce groupe d'âge. >>
En fait, dès qu'on atteint 45 ans, les gens sont de plus en plus nombreux à craindre le mot retraite.
Dans le sondage, lorsqu'on donnait le choix aux travailleurs canadiens d'être considérés comme semi-retraités ou travailleurs à temps partiel, le jour où ils décideraient de réduire la longueur de leur semaine de travail, 49 pour cent disaient préférer qu'on les qualifie de semi-retraités.
Les Canadiens d'âge moyen étaient moins enclins à choisir l'expression semi-retraité. Environ 45 pour cent des personnes de 55 et plus disaient préférer l'expression semi-retraité alors que chez les 35 ans et moins, la majorité disait être confortable avec cette expression.
Quoi qu'il en soit, les Canadiens semblent avoir déjà décidé quand ils prendront leur retraite. Selon le sondage, ils sont 19 pour cent à vouloir le faire entre 55 et 59 ans, 20 pour cent entre 60 et 64 ans et 30 pour cent à 65 ans ou plus. Un autre 26 ans ont répondu qu'ils ne savaient pas.
Talbot Boggs est un professionnel des communications d'affaires basé à Toronto. Ses collaborations apparaissent dans les médias nationaux, ainsi que dans des magazines et publications financières et d'informations d'entreprises. (boggsyourmoneyrogers.com)
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