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Il en coûte de prendre soin d'un proche

Talbot Boggs


(Exclusif) - Les bébés-boomers se font de plus en plus vieux et plusieurs d'entre eux doivent s'occuper de parents âgés ou malades, en plus de leurs enfants.

Selon une étude de Statistique Canada sur les soins apportés aux personnes âgées, publiée en 2006, 18,4 des Canadiens s'occupent bénévolement d'une personne âgée et le tiers des bébés-boomers donnent des soins à un membre âgé de leur famille.

Le programme Research on Aging Policies and Practices (RAPP) de l'Université de l'Alberta a déjà estimé à quelque 6 milliards $, la valeur des soins donnés actuellement aux personnes âgées par les quelque 2,1 millions de bénévoles canadiens.

Si on peut donner des soins aux personnes âgées sans être payé, il ne faut pas en déduire que cela ne coûte rien aux aidants naturels.

D'autres études démontrent en effet que les soins bénévoles donnés par les boomers >> peuvent avoir un impact financier négatif sur eux et même nuire à leur carrière >>.

Parfois, les aidants naturels doivent réduire le nombre d'heures travaillées ou même quitter leur emploi pour se consacrer à leur proche. En outre, ils doivent souvent absorber les coûts des médicaments et des besoins médicaux de leur protégé.

Pour 19 pour cent des répondants à un sondage Ipsos Reid sur les tendances en matière de retraite, commandé par La Banque de Montréal - BMO, la prise en charge d'une personne âgée ou malade a eu un impact négatif sur leur finance, et 9 pour cent ont estimé que leur carrière en a souffert.

Huit pour cent ont affirmé que leur bénévolat les avait endettés davantage, 6 pour cent ont admis qu'ils avaient contribué moins que prévu à leur Régime enregistré d'épargne retraite, et 9 pour cent envisageaient de prendre leur retraite plus tard que prévu.

Malgré ces chiffres, moins de 10 pour cent d'entre eux s'étaient informés auprès de professionnels en vu de la préparation d'un budget pour s'assurer de pouvoir continuer à financer les soins donnés à leur proche.

Après avoir étudié les coûts engendrés par l'aide à un parent, le RAPP a découvert certaines différences relevant du sexe des aidants naturels.

Tout en signalant que les hommes étaient de plus en plus nombreux à fournir des soins à un parent âgé - Statistique Canada rapportait en 2006 qu'ils étaient 15,7 pour cent à le faire, contre 13,6 pour cent dix ans plus tôt - l'impact financier des soins accordés étaient beaucoup plus lourd chez les femmes que chez les hommes.

Ainsi, une femme sur sept travaille moins d'heures par semaine pour pouvoir s'occuper d'un proche, contre un sur dix pour les hommes. De plus, une fois et demie plus de femmes que d'hommes signalent une perte de revenu à cause des soins qu'elles donnent.

Davantage de femmes souffrent financièrement de leur bénévolat, affirme Janet Fast, coprésidente du RAPP. Et les femmes sont plus susceptibles que les hommes de quitter leur emploi, de refuser de l'avancement ou de remettre à plus tard des études. Elles sont aussi plus nombreuses à raccourcir leur semaine de travail ou à changer leur routine de travail, avec les pertes financières qui en découlent. >>

Mais il y a encore plus que les coûts financiers. Les personnes qui s'occupent d'un parent âgé ou malade sont aussi atteintes physiquement, socialement et psychologiquement.

La pression constante que cela exige fait que le bénévolat dans la famille peut avoir un impact sur la santé de celui ou celle qui donne les soins. Troubles du sommeil, fatigue, migraines, manque d'énergie et problèmes de digestion peuvent en résulter.

Et c'est sans compter l'impact sur la vie sociale de l'aidant naturel. Entre autres, moins de nouvelles rencontres et une perte de jouissance de la vie.

Il y a aussi les effets psychologiques, comme la dépression, l'anxiété, le sentiment de culpabilité, la crainte devant l'avenir, la solitude, etc.

Les femmes éprouvent davantage de problèmes de santé que les hommes. Leur vie sociale est aussi plus perturbée, elles ont plus de problèmes de travail et sont plus souvent affaiblies psychologiquement, soutient Mme Fast. Les impacts différents résultant du sexe des aidants naturels devraient se refléter sur l'aide fournie par les gouvernements ainsi que sur les programmes qui leur sont destinés. >>

Talbot Boggs est un professionnel des communications d'affaires basé à Toronto. Ses collaborations apparaissent dans les médias nationaux, ainsi que dans des magazines et publications financières et d'informations d'entreprises. (boggsyourmoneyrogers.com)

Tous droits réservés 2007 Talbot Boggs

© La Presse Canadienne, 2008

Publié le 2008-06-27
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