VOTRE-PORTEFEUILLE-VERTE
Investir "vert" est bon pour le moral et pour la réputation
Par Brenda Bouw, LA PRESSE CANADIENNE
VANCOUVER - Placer son argent dans les "compagnies vertes", ça donne bonne conscience. Mais est-ce que ça rapporte?
Oui, affirme Adrian Mastracci, gestionnaire de portefeuille chez KCM Management, à Vancouver. Il suffit tout simplement d'exiger de ces entreprises le même niveau de rentabilité qu'on attendrait de n'importe quel autre investissement.
Encore faut-il savoir ce qu'on entend par "compagnie verte". S'agit-il de grandes entreprises, comme les banques ou les compagnies pétrolières, disposant d'un simple label de bonne conduite écologique ou bien de sociétés plus engagées, comme les producteurs d'énergie solaire ou éolienne ?
Sur le plan de l'investissement, Adrian Mastracci admet que les occasions sont plus nombreuses, et moins risquées, du côté des premières que des secondes.
"Si quelqu'un voulait investir 100 pour cent vert, je pense que ce serait possible, mais il lui faudrait quand même prendre ses précautions", prévient-il en soulignant que les entreprises de petite taille présentent un risque plus élevé.
La directrice générale de Coleford Investment Management, Laura Wallace, croit elle aussi qu'investir vraiment vert est difficile. Elle recommande aux investisseurs de sélectionner des compagnies qui correspondent à leurs habitudes d'investissement, puis de retenir celles qui présentent le meilleur bilan en matière d'environnement.
Quand aux grandes entreprises estampillées "vertes", si leur bilan écologique peut laisser à désirer, au moins l'investisseur peut-il être satisfait de savoir qu'elles s'efforcent de l'améliorer.
Elles offrent diverses possibilités d'investissement: actions individuelles, fonds communs de placement ou fonds d'investissements négociables en bourse.
Leur engagement écologique peut, par ailleurs, être complété par des préoccupations d'ordre social ou encore, liées à la bonne gouvernance. C'est ce qui intéresse IShares Jantzi Social ETF (TSX: XEN), un fonds d'investissement que les gestionnaires de portefeuilles citent souvent en exemple.
IShares Jantzi Social, qui existe depuis un an, pèse 30 millions $ et détient les titres de 61 sociétés comme Encana (TSX: ECA), la Banque Royale du Canada (TSX: RY) ou encore, Research in Motion (TSX: RIM).
La plupart de ces titres se retrouvent aussi dans le fonds IShares S7P/TX 60 ETF (TSX: XIU) qui, lui, est évalué à 8 milliards $. Même si ces deux fonds ne sont pas comparables sur le plan de leur valorisation, ils connaissent un égal succès à la bourse de Toronto.
Cette situation montre que les entreprises ne peuvent plus ignorer la dimension environnementale si elles veulent continuer à attirer les investisseurs.
"Si les entreprises n'y prêtent pas attention et ne mettent rien en place pour s'en occuper, l'environnement pourrait se rappeler à leur bon souvenir d'une façon moins agréable", observe Michael Jantzi, de la société indépendante Jantzi Research.
Libre aux compagnies d'ignorer la problématique écologique, mais "à leur risques et périls", prévient-il.