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Le fonds de dividendes est une option intéressante par rapport aux actions

Par Malcolm Morrison, LA PRESSE CANADIENNE


TORONTO - Même si les fonds de dividendes ont été bousculés ces derniers temps en raison de la crise financière, ils demeurent une solution de rechange intéressante à l'achat d'actions particulières.

En effet, les attentes sont réduites et les investisseurs doivent trimer dur pour récolter chaque point de pourcentage de rendement des actions.

Au cours des dernières années toutefois, plusieurs investisseurs se sont tournés avec succès vers les fonds de dividendes et leur rendement a été impressionnant.

Récemment, ils ont néanmoins affiché des résultats négatifs en raison de la crise résultant de l'effondrement du marché immobilier américain.

Par exemple, les investisseurs du fonds de dividendes de la Banque TD ont profité de rendements de 16,7 pour cent en 2005, 13,2 pour cent en 2006 et 0,1 pour cent l'an dernier. Cependant, depuis le début de l'année jusqu'au 31 mars, il a perdu 4,6 pour cent.

Le ratio des frais de gestion de ce fonds est de près de deux pour cent et est ainsi comparable aux autres fonds. De toute façon, il faut payer ces frais, que le fonds croisse ou non.

Les investisseurs se demandent donc: pourquoi ne pas se débarrasser de ce type de fonds communs et acheter plutôt des actions de qualité, qui rapportent des dividendes?

Certes, tout est possible, pourquoi pas? Toutefois, il faut alors beaucoup d'argent pour obtenir le même éventail de diversification. De même, les analystes estiment que quelqu'un passera beaucoup de plus de temps que ce qu'il croit raisonnable à suivre le cours de ces compagnies.

"En théorie, quelqu'un peut acheter une panoplie complète d'actions américaines, canadiennes et internationales et ainsi affirmer qu'il détient un portefeuille diversifié géographiquement, en ajoutant que cela est préférable à l'achat d'un fonds communs de placement international, qui facture 3 pour cent en ratio des frais de gestion", a évoqué un conseiller en investissement de Scotia McLeod de Peterborough (Ontario), Andrew Pyle.

"Le client est toujours confronté au même enjeu: s'il achète des actions individuelles, il doit, à un certain moment, surveiller attentivement les titres, car ils ne sont pas tous de bons titres."

Egalement, il faut consacrer une somme importante pour pouvoir détenir un portefeuille valable. Environ 100 000 $ sont nécessaires pour acheter 20 ou 25 titres individuels en vue de construire un portefeuille diversifié, de l'avis d'une spécialiste des marché canadiens de la firme Edward Jones de St. Louis, Kate Warne.

Il est peut-être facile de se lancer en achetant les 10 titres les plus solides dans un fonds de dividendes, mais il faudra chercher très attentivement pour en trouver 10 ou 15 autres et compléter la mise.

De surcroît, non seulement il faut trouver des entreprises qui paient des dividendes, mais il faut aussi déterminer si l'historique de entreprise démontre une augmentation des dividendes, a fait remarquer Mme Warne.

Elle suggère aux investisseurs de consulter trois fonds de dividendes: le fonds de dividendes Mackenzie Maxxum, le Fonds canadien de croissance des dividendes Hartford et le Fonds canadien de croissance Sélect Trimark.

"Ils comportent dans leur composition (des entreprises qui paient) des dividendes qui n'ont pas augmenté, mais ils sont principalement orientés en fonction des compagnies qui ont accru leurs dividendes", a argué Mme Warne.

Une autre façon de récolter des dividendes consiste à passer par le fonds indiciel négociable en bourse (FINB, ou exchange-traded fund en anglais, ETF), appelé aussi fonds coté en bourse, dans lequel on peut en fait acheter le dividende de la Bourse de Toronto (TSX), a précisé M. Pyle.

"Ainsi, je peux acheter un fonds indiciel négociable en bourse qui suit les actions du TSX qui rapportent des dividendes, c'est un sous-groupe de TSX qui peut le faire", a-t-il expliqué.

A titre d'exemple, il a cité le Ishares ETF (TSX:XDV), qui se transige comme une action sur le parquet de Toronto.

Mais un problème peut survenir, a-t-il rappelé. Comme un FINB suit les cours du TSX, il est donc susceptible de se lester excessivement avec des titres en ressources, puisqu'ils accaparent environ 50 pour cent du marché torontois.

"Une fois qu'on met le pied dans le marché, on se charge du poids de ces indices et si ce poids travaille contre soi, alors à la grâce de Dieu, on perd beaucoup d'argent, a commenté M. Pyle. Le même constat s'applique aux dividendes, puisqu'ils se concentrent aussi. C'est une solution de rechange, mais pas pour tout le monde."

© La Presse Canadienne, 2008

Publié le 2008-04-20
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